You are currently browsing the tag archive for the ‘rodin’ tag.

Rodin. Le genre d’homme à commencer sa vie refoulé trois fois au concours d’entrée des beaux-arts, et à la terminer bardé de légions d’honneur et avec un musée à son nom. Dans Gala ou Voici, c’est ce qu’on appellerait « Une belle revanche sur la vie. »

Bon. Surtout un forçat du travail doublé d’un passionné, en fait.

Pourtant, il s’en est fallut de peu pour que notre homme finisse curé, ou moine. A 22 ans, la mort de sa soeur l’ébranle tellement qu’il commence un noviciat. Mais quand le père Eymard, qui lui commande un buste, voit ce dont il est capable, il le somme de reprendre le chemin de la sculpture. Ouf ! C’est alors que Rodin, Auguste de son prénom, se met à travailler comme un forcené. Il aime le réalisme, ne cherche pas à enjoliver la réalité, et à cause de cela ses œuvres recevront un accueil plutôt froid au début. On le soupçonne même de mouler ses modèles alors qu’il sculpte lui-même la forme de ses personnages !

Et puis il y a Camille Claudel. Un génie de la sculpture, qui apprendra tout de son maître et amant, voire… qui le dépassera. Une salle du musée est consacrée à son œuvre.

Ce petit musée situé à deux pas des Invalides est une bouffée d’oxygène : une promenade dans le jardin dévoile une partie des oeuvres de Rodin, et les pièces, dans l’hôtel Biron, offrent un beau panel de ce que l’artiste a réalisé durant sa vie.

Supplément crânerie : Cet hôtel, qui au début des années 1900 hébergeait des artistes, a vu passer Isadora Duncan (elle y donnait des cours de danse), mais aussi Matisse et Cocteau. Les artistes pouvaient s’y loger pour une somme modique, et Rodin découvre ce site verdoyant au coeur de Paris par l’intermédiaire de l’écrivain Rainer Maria Rilke. Mais en 1910, l’Etat décide de le vendre. Rodin se démène pour éviter la vente et obtenir la jouissance du lieu jusqu’à sa mort ! Il fera même mieux puisqu’en donnant ses oeuvres à l’Etat, il s’assure la création d’un musée Rodin (il participera d’ailleurs à la conception de son propre musée).

Truc utile : Des petits dépliants très instructifs et complets sont disponibles au niveau du vestiaire (pour ceux qui voudraient éviter de dépenser encore pour l’audioguide). Munissez-vous du plan et du dépliant intitulé « visite », et vous serez paré pour comprendre le parcours du Maître et de sa muse !

http://www.musee-rodin.fr/

Publicités

Foin de la Joconde, de la Victoire de Samothrace et de tous ces Japonais qui les flashent ! Le Louvre, on peut le parcourir nez en l’air -pas de touristes sur les photos, et des œuvres qui content une autre histoire que celles exposées dans les vitrines ou sur les socles…

exterieur011

Le Louvre, c’est un château dont l’édification a commencé sous Philippe Auguste en 1190 et s’est terminée… dans les années 1990. Peu ou prou, 800 ans pour en faire ce qu’il est aujourd’hui !

pic003

Car avant de ressembler à une villégiature royale pour souverain en manque de reconnaissance, le Louvre, c’était un « bête » château fort à la sortie de la ville. Il était sensé protéger le bon peuple des attaques provenant du Nord. Tours, donjon, fortifications… rien n’y manquait, c’était un beau château carré.

Oui mais voilà : le bon peuple proliférant, il se mit à construire de nouvelles habitations tout autour du château, et même au-delà : la fonction protectrice du Louvre était mise à mal.

C’est François Ier au XVIe siècle, qui fait entrer ces murs dans la période « Renaissance » : il détruit le donjon au centre, agrandit les ouvertures, et transforme la forteresse en palais royal.

IMG_4048.CR2

A partir de cette date, le Louvre ne cessera d’être transformé, agrandi, étiré par tous les rois qui se succèdent, de sorte que la première version disparaît totalement.

Pour découvrir les fondations du premier château, entamez votre visite au niveau de l’aile Sully, direction « le Louvre médiéval ». Toutes les pièces du château sont dotées de petits panneaux informatifs sur l’histoire de ses murs. Et n’oubliez pas de lever les yeux… les plafonds sont ornées de superbes peintures ou de fresques commandées par les rois.

pic020

De François Ier à Louis XIII, le Louvre prend ses proportions actuelles (l’aile côté rue de Rivoli sera elle terminée courant XIXe). C’est Louis XIV qui se lassera du joujou, et recommencera un nouveau château à Versailles. Jusqu’à la Révolution, le bâtiment est laissé tel quel.

Mais entre l’abandon des lieux par Louis XIV et la Révolution, ces milliers de m² habitables ne restent pas vides, pensez… le Louvre devient un immense squat ! oui oui, Académies de peinture, de sculpture, d’architecture, de politique, des sciences et j’en passe, investissent les lieux. C’est le dernier endroit à la mode pour les artistes branchouilles de ces siècles passés. Petit hic : à force de passage et de squattage, le château se détériore et de grands noms réclament sa réhabilitation. Finalement, le Louvre devient musée après 1789, et les collections nationales sont constituées grâce aux… saisies révolutionnaires.

Bon an mal an, les travaux reprennent et le plus gros est achevé courant XIXe.

pic021

Lors de votre visite, ne manquez pas, tout près de la Joconde, ce magnifique plafond qui représente les quatre souverains ayant le plus soutenu les arts durant leur règne. C’est dans cette salle que se déroulaient les séances législatives à partir de 1859.

Vous pouvez aussi imaginer la vie du ministère des finances quand il était encore dans ces murs, jusque dans les années 1990 côté aile Richelieu (Balladur fut le dernier ministre des finances à officier depuis le Louvre).

Et bien sûr, observer de près l’objet de toutes les polémiques, la dernière modification apportée au Louvre par le dernier monarque républicain (et oui, paraît-il que maintenant on est plutôt retourné à l’ère napoléonienne), j’ai nommé M. Mitterrand (ou Mittran, comme disait l’autre) et ses pyramides.

pyramides

Supplément crânerie : Saviez-vous que François Mitterrand avait envisagé de placer le Penseur de Rodin sous la grande pyramide, initialement ? Un soir des années 80, en comité restreint (et on le comprend, puisqu’il était accompagné de Mme Pingeot et d’une certaine Mazarine), il fit déplacer la statue pour voir l’effet produit… dommage, le Penseur avait l’air perdu, et pas seulement dans ses pensées. Trop petit pour être placé au centre d’une si grande pyramide, le projet est abandonné !

Paris en Livres

Cliquez sur le livre pour le retrouver chez Amazon

Lire l'article ici

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 14 autres abonnés

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :