You are currently browsing the tag archive for the ‘Beaubourg’ tag.

C’est un tout petit coin où personne ne passe jamais, alors que la foule se presse tout autour, notamment aux Halles et au Centre Pompidou : le Quartier de l’Horloge a raté sa vocation.

Lorsque les quartiers des Halles et de Beaubourg sont complètement rénovés dans les années 1970, les décideurs tirent des plans sur la comète : les Halles se veulent novatrices (fail), le Centre Pompidou compte au final autant d’admirateurs que de détracteurs, et le quartier de l’Horloge, avec ses logements neufs où vérandas et balcons sont sensés enjoliver la vie des habitants, devait attirer les boutiques luxueuses dans son passage, et donc le chaland. Bref, l’endroit se voulait « zen et branché ». Disons que les concepteurs n’avaient pas vraiment anticipé l’engouement que susciterait le Centre Pompidou, autrement dit la venue quotidienne de hordes de touristes pas toujours zen, ni forcément axés branchitude.

Et donc, le quartier est… raté. Il n’y a pas un chat dans ce tout petit coin. Au point que le Passage de l’Horloge, dont il reste un résidu à l’entrée de cet immeuble et de l’autre côté de la rue, a complètement disparu, gobé par un improbable Leroy Merlin. Le coin se défraîchit peu à peu, même l’automate a arrêté de se battre.

Dans sa jeunesse, le bonhomme dégainait son épée toutes les heures pour se battre tour à tour avec le dragon, l’oiseau et le crabe, puis combattait les trois à midi et à 18h pile. Dommage, quand l’automatisme a rendu l’âme, personne n’a cherché à le réparer. Pourtant, l’œuvre réalisée par Jacques Monestier ne date que de 1979, ça ne doit pas être sorcier à dépanner, non ? La raison de cet abandon réside certainement dans le fait que ce quartier est… privé. Etrange choix fait au départ que de privatiser une zone ouverte au public. Peut-être que les premiers propriétaires se voyaient déjà à la tête d’un trésor issu des baux commerciaux du passage de l’Horloge ? Reste qu’aujourd’hui, hormis une librairie spécialisée dans la BD, on y trouve surtout des pizza-coco et autres photocopieurs professionnels.

D’où la dégradation du quartier… beaucoup de propriétaires ont revendu leur bien pour échapper à des charges de copropriété astronomiques. Aujourd’hui, les habitants tentent de rendre cet espace public en négociant avec la ville de Paris.

Supplément crânerie : avant sa destruction pour insalubrité en 1966, ce petit quartier était le repère de nombreuses boutiques de bonneterie et de merceries. (ça vous épate hein ?)

C’est un peu la Tate Modern du Parisien. Oui, facile. Mais il n’empêche, tout y est (sauf la gratuité) : des expos qu’on ne comprend pas toujours, du temporaire, beaucoup de temporaire, des ateliers, une boutique d’objets design, une librairie avec des cartes postales un peu folles, et un café sur le toit pour admirer le panorama de la capitale.

Paris (91)

En revanche, ici, point de mur « en dur ». Loin des centaines de milliers de petites briques empilées à la Tate Modern, l’édifice se résume à une structure sans murs (ou presque). Qu’on aime ou pas le résultat final, le travail des architectes reste intéressant à découvrir. Et puis, voilà encore une bonne occasion de crâner auprès des copains !

Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini ont eu l’idée d’extraire toutes les canalisations du bâtiment. Comme on retourne d’un coup son gant de toilette, ils ont retourné l’édifice. Toutes les canalisations, conduites électriques et autres bouches d’aération se sont retrouvées projetées à l’extérieur ! D’ailleurs, quatre couleurs ornent le bâtiment (rouge, vert, jaune et bleu). Une fonction est attribuée à chaque couleur, mais pour cette partie-là, on vous laisse deviner !

Paris (130)

Dommage que l’accès au dernier étage ne soit plus gratuit. La vue sur les toits de Paris est plutôt séduisante, avec vue sur la Tour Eiffel et le Sacré Coeur. Alors si vous êtes dans un jour de bouderie d’expo, faites plutôt un tour sur la place où se trouve la très colorée fontaine Stravinsky…

Paris (64)

Tiens, au passage, notez que cette fontaine est l’oeuvre de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely : ils ont rendu hommage au compositeur Igor Stravinsky en représentant par ces sculptures colorées les compositions du musicien (et s’il a intitulé l’un de ses chants « Les champignons vont à la guerre », aucune trace d’une oeuvre répondant au doux nom de « chapeau ». Si un lecteur sait à quelle composition cette sculpture se réfère… je l’ajouterai à la panoplie du crâneur !)

Paris (108)

…et prenez du bon temps sur l’esplanade, où quelques jongleurs, musiciens ou cracheurs de feu défilent pour offrir un petit spectacle !

Supplément crânerie : Et avant le Centre Pompidou, il y avait quoi ici ? Oui, parce que le centre ne date que des années 1970 ! Eh bien c’était un quartier nommé Beau-bourg au Moyen-âge. Après avoir abrité la demeure de seigneurs, il devint un endroit malfamé où les pauvres gens s’entassaient dans des logements insalubres. Le quartier est tellement dégradé qu’il sera rasé en 1930. En lieu et place de l’actuel Centre Pompidou, un terrain plat servait de parking au marché de gros des Halles. Quand le marché des Halles fut transféré à Rungis, ce parking géant n’eut plus lieu d’être : le président Georges Pompidou décida alors d’implanter un musée d’Art moderne. Fascinant, non ?

Paris en Livres

Cliquez sur le livre pour le retrouver chez Amazon

Lire l'article ici

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 14 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :