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Héééé oui. Ce blog est aussi triste et morne qu’un long hiver tout gris sur la plaine de Paris. Alors histoire de se faire frissonner la rétine, on va chausser nos plus belles lunettes de cagole parisienne, ajuster son slim et ses Louboutins, ressortir le petit top à paillettes du jour de l’an quitte à se peler le miches, recouvrir ses épaules d’une veste en cuir chic-tellement-chic-le-cuir, puis on va s’en aller tortiller du déhanchoir à Passy.

Dans nos rêves les plus fous, avec le soleil : dégaine l’appli éventail sur ton iPhone à strass, bébé !

Tout commence avec le joli parc de Passy, celui qui est entouré d’appartements hypra-modernes avec de larges terrasses que même dans nos rêves les plus fous, on sait qu’on n’y accédera jamais. Calme, fleuri, avec des allées bordées de bancs occupées par les nounous du quartier en charge de futurs énarques, médecins ou autres cadres supérieurs en culottes courtes. Après ce passage dans ce havre de paix, direction la rue Berton, connue pour avoir hébergé Balzac.

La rue se camoufle bien, ne la manquez pas ! Les pavés absolument inadaptés au port de talons (navrée, mais faut mériter son statut) vous guideront devant la jolie maison verte, que vous verrez bien mieux un peu plus tard en rejoignant la rue Raynouard. Mais ce passage rue Berton vous permettra de remarquer que l’Honoré disposait d’un portail en bas, et d’un autre en haut de la propriété. Car l’écrivain n’était pas du genre à faire copain-copain avec les inspecteurs des impôts et autres créanciers auprès de qui il était endetté. Du coup, si l’on sonnait d’un côté… il s’échappait de l’autre.

Toujours sur la rue Berton (oui oui, avant de rejoindre la rue Raynouard, si vous êtes perdus référez-vous à la carte en bas de ce post : youpi, un itinéraire est tracé !), donc je disais : toujours sur la rue Berton, vous croiserez également le cabinet d’architecture des frères Perret, reconnaissable à cette grande baie vitrée. Les frères Perret sont à l’origine des premiers édifices en béton armé dans la capitale. Un jour, peut-être, y’aura t’il un post sur l’une de leurs oeuvre (le pire, c’est que j’ai déjà ça en stock).

Hop hop hop ! Sautillez gaiement sur vos escarpins en tachant d’éviter la grimace, et depuis la rue Raynouard, piquez rue Chernoviz en direction de la fantastique, sublimissime rue de Passy ! Au passage, ne manquez pas de lever les yeux pour observer cette série d’immeubles Art-déco, avec coupoles et autres ornements qui peuplent le quartier. Et c’est maintenant que votre talent doit atteindre son apogée. La démarche lascive, les lunettes de mouche délicatement déposées sur l’extrême bout du nez, la moue boudeuse, léchez les vitrines (au sens figuré, hein). Et ne manquez pas au passage cette toute petite impasse absolument magnifique :


A vous de trouver où elle se trouve sur le parcours… puis reprenez votre lèche-vitrine en direction de la place de Costa Rica. C’est ici que cette courte balade s’achève, non sans rester un moment circonspect devant la coupole qui se dresse en face de la rue de Passy :

Mais pourquoi diable faire un micro-observatoire au sommet ??? (si c’est un observatoire, ce n’est qu’une supputation) Si quelqu’un a la réponse, je lui décerne la palme du meilleur supplément crânerie !

En attendant… un *autre* Supplément crânerie : Passy a longtemps attiré les foules pour ses thermes. Jusqu’au début du XXe siècle, beaucoup se rendaient dans ce village qui n’était pas encore annexé à Paris pour son eau ferrugineuse, qui avait la réputation de guérir l’anémie. Lavoisier, Franklin, Boileau (ah ah, Bois-l’eau. ah ah.) étaient de ceux-là, et l’on vendait même cette eau en bouteille chez certains apothicaires ! Il reste aujourd’hui une fontaine, elle se trouve plus au nord dans le square Lamartine et voit encore défiler de nombreux habitués.

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Combien, parmi vous, sont des gourmands invétérés ? Et combien, parmi vous, aiment les soirées que l’on passe à discuter, à s’échanger des plans (en l’occurrence ici, des recettes), à boire du bon vin et à rire ? Et si en plus avec tout cela, on fait de nouvelles rencontres… qui dirait non à une proposition pareille !

J’ai découvert cette toute petite épicerie à deux pas de chez moi : rue Pascal à Paris, Levant & Co est le nom de cette boutique d’à peine 35m² (et demi) où un couple Turc fait découvrir des produits importés du pays. Chaque semaine, le menu du midi est envoyé aux abonnés par mail : les trois-quatre tables de l’épicerie s’emplissent avec des habitués (notamment de la rédaction du Monde), créant ainsi un mouvement permanent dans un lieu qui aurait pu être figé sans l’inventivité de ses propriétaires. Parce qu’ils sont malins, en plus d’être adorables !

Car non seulement ils font cantine le midi, non seulement ils vendent des produits du terroir, mais le jeudi soir, ils organisent de ces gueuletons ! Bon… normalement, on n’appelle pas ça comme ça. Mais un endroit où on boit du bon vin sans se sentir rationné, où l’on déguste de délicieux mets, où l’on chante, où l’on rit, vous appelez ça comment ? Un repère à gueuleton, c’est tout ! Mais attention, raffiné le gueuleton, hein ! C’est vous qui allez préparer votre repas. Autour de la table, environ 8 participants. Au bout, le chef, qui répartit les légumes et vous laisse les couper. Si la recette vous intéresse, pensez à embarquer un stylo et un calepin : ici, vous ne repartirez pas avec la recette photocopiée !

Autour des fourneaux, le couple qui tient les murs : les Levent (d’où le nom de la boutique !). Ils accompagnent nos gestes pour former la petite omelette de Pâques, et leur ami qui lui, tient en temps normal la boutique de restauration de luminaires à quelques encablures de là (Lumière de l’Oeil), porte le tablier pour la soirée : ce sont ses recettes que l’on va tester, donc à tendance arménienne ! Au menu, hormis l’omelette composée de ciboule, d’aneth, d’oignon cuit et autres pignons de pin, nous testerons le topik : des pois chiches en purée étalés pour former une enveloppe, dans laquelle est glissée une délicieuse crème de sésame. Avec quelques saucisses, un peu de riz et une salade fraîche (sans compter les fromages frais), votre repas est fait !

Et alors qu’il est déjà plus de 23h, que vous n’avez pas vu le temps filer, vous prenez soudain conscience que ce tout petit endroit cache un… piano ! Messieurs Ara et Levent tombent le tablier, s’installent, et ô magie, l’une des participantes américaine dévoile une voix sublime et connaît toutes les paroles… magie de l’inattendu, on se laisse emporter…

Et vous savez quoi ? Le vin turc, blanc ou rouge, est une vraie découverte…

Trucs utiles : 35€ la soirée, à ce prix-là ne vous privez pas ! Levant & Co c’est au 24 rue Pascal (01 43 31 83 75) www.levant-co.com (et ceci n’est pas un post sponsorisé -ça n’existe pas par ici- c’est juste une soirée que j’ai adorée !)

De l’extérieur, tout semble calme, paisible. On entend bien certains glisser « j’ai pris un peu de riz, et une bouteille d’eau », mais on ne se doute pas.

Dans la file d’attente, les gens sourient, papotent, rient de ce qui les attend, innocemment. Puis soudain, l’effroyable cri. Une mégère à la perruque peroxydée d’au moins 22 ans et demi hurle de toutes ses forces les consignes, c’est la cohue. Mais encore rien au regard de ce qui nous attend dans les entrailles du Studio Galande.

La salle est toute petite, et à peine entrés, on flaire le danger. Pourquoi ces toiles tirées sur les murs, cet écran protégé par une grande bâche blanche ? Prudents, nous nous installons vers le fond. La mégère revient, hurle ses ordres maintenant accompagnée de 5 ou 6 camarades de jeu. Les règles sont données, la messe est dite : les places du fond ne sont pas forcément les meilleures. Vous avez déjà vu le Rocky Horror Picture Show ? Vous vous souvenez des scènes de mariage ? Eh bien le riz… voilà voilà, c’est bien pour ça. Qui dit mariage dit bonheur, et surtout, lâcher de riz derrière soi dans la salle. Et sinon, vous vous souvenez des scènes d’orage dans le film ? Voilà voilà, la bouteille d’eau… la pluie… derrière soi… les places du fond… voilà voilà. Le riz, l’eau. Voilà voilà.

Et sinon, vous veniez parce que vous aviez aimé le film ? Laissez tomber, on ne vient pas au studio Galande pour VOIR le Rocky Horror, on vient pour ce qu’en font les comédiens ! Le film est un support qu’ils détournent, falsifient, condensent, reproduisent (au sens biblique du terme), et si possible avec des membres du public :

(la demoiselle prête à gober les mouches n’est PAS une comédienne…) Ah oui, et donc, les places de devant… sont aussi exposées à d’autres sortes de risques ! Parce que vous croyez qu’elle fait quoi, là, la comédienne à droite de l’image ? Qu’elle raconte une blague à un des spectateurs ? Eh bien en tous cas il a du l’apprécier de très près, la blague !!!

Et parfois, il leur manque un comédien pour la soirée. Pas grave, ils piochent dans le public ! Vous êtes prévenus, mais ce qu’on peut vous assurer, c’est que la crise de rire est bel et bien là quand on est « immergé » et face à ces fous qui osent tout !

Truc utile : Pour réserver sa place (8€ sans compter le pourboire à donner à la fin aux comédiens amateurs), direction Allociné. Pour plus d’info sur ces folles soirées, direction le studio Galande ! Sachez également que deux troupes différentes jouent chacune leur propre version les vendredi et samedi soir, à 22h10. A vous de décider à laquelle assister !

Supplément crânerie : Si le film n’a eu que peu de succès en 1975 à sa sortie, il s’est bien rattrapé avec le temps…  Pour le rentabiliser, il fut redistribué dans un premier temps à New-York à minuit. Des fans inconditionnels commencèrent à assister religieusement aux séances, puis à s’approprier le film en inventant des dialogues alternatifs à ceux qu’ils connaissaient déjà par coeur… Bien sûr, ces nouveaux dialogues avaient surtout une connotation sexuelle ! Et puis ils se mirent à danser, chanter sur les chansons, jusqu’à ce que ces séances deviennent de véritables rituels avec certains qui en plus du riz et de l’eau, se mirent à brasser un journal pour reproduire le bruit de l’orage, à brandir un drapeau écossais à chaque « Great Scott ! » ou à dégainer un pistolet à eau… Bref, le mythe du Rocky Horror était né, et 35 ans après, des comédiens offrent leur version trash du film un peu partout dans le monde ! Une expérience à vivre… par temps chaud 🙂

Ils sont beaux, ils sont nombreux, ils s’amusent, et ils revendiquent. Long cortège qui traverse Paris, la Marche des fiertés est l’occasion de rappeler qu’on n’est pas vraiment tous égaux sur le plan des droits.

Alors pour une journée on fait comme si, on se tient par la main en public, on revêt des vêtements loufoques, on se plante une plume dans le c*l pour rire (jaune ?) de l’image que certains ont encore des homosexuels…

…et on réclame des droits. Le droit au mariage, à se tenir la main dans la rue, à avoir des enfants (il y en a vraiment qui font *encore* l’amalgame entre homosexualité et pédophilie ? Mais dans quel siècle êtes-vous resté bloqué ???).

Dans le cortège, beaucoup d’homos, des hétéro « gay-friendly » qui viennent soutenir la cause, des parents qui défendent le droit de leurs enfants homo, des parents qui ont fondé une famille dans l’illégalité, en optant pour une insémination à Bruxelles ou pour un projet de coparentalité avec un ami proche, et qui demandent à avoir un statut de parent légal. Et aussi des jeunes, venus pour profiter de l’ambiance, de la fête sans vraiment se poser de question sur le fond des revendications.

Maintenant il faudra attendre un an avant de pouvoir profiter de la prochaine… mais en attendant, vous pouvez toujours écouter France Inter le samedi soir à 21h pendant l’été si le sujet vous intéresse ! « Je t’aime pareil » traite de l’homosexualité en France en 2010, pour comprendre les blocages, les avancées de ces dernières années. Quoi, je me fais de la pub ? C’est mon blog, je fais bien ce que je veux… 😉

Supplément crânerie : Pourquoi Marche des fiertés ? Ne tombez pas dans le panneau, « fierté » ne signifie pas « je suis fier d’être homosexuel », ce serait aussi ridicule qu’être fier d’être hétéro, noir ou blanc… Non, fier dans le sens « je suis fier d’assumer ma différence et d’oser vivre au grand jour avec ».

Le site de la Marche des fiertés : http://marche.inter-lgbt.org/

On est d’accord. Le bateau-mouche, ça fait pas rêver. Mais un jour de beau temps (mmm… désolée d’évoquer cette époque révolue), avec un tout petit débardeur à bretelles très fines et un tube de monoï, on peut y trouver un avantage.

Autre avantage ? Celui d’apprendre à décrypter environ 4 autres langues après les commentaires en français. Oui, parce qu’il s’agit bien d’un enregistrement sans charme ni saveur en 5 exemplaires qui est balancé aux touristes par des hauts-parleurs mal réglés. Bon, une leçon de linguistique à 10€ de l’heure avec vue mouvante sur Paris, dit comme ça, ça en jette carrément plus !

Autant une visite sur la Tamise à Londres permet vraiment d’admirer les bâtiments historiques et d’apprécier la vue, autant, depuis la Seine, on voit tout un peu moins bien. Par exemple ici… la place de la Concorde. C’est bête, hein.

Il reste tout de même ces petits bouts de quai où viennent s’étendre les parisiens en quête effrénée de vitamine D. C’est bien la seule chose un peu originale que vous pourrez capter. Parce que bien souvent… la vue d’un bâtiment historique ressemblera à ça :

Mauvaise langue, moi ? Si peu… Allez, au moins un point de vue qui valait son pesant de touristes aux yeux bridés :

Supplément crânerie (tout ça pour ça…) : Savez-vous pourquoi les Bateaux Mouches se nomment ainsi ? Parce qu’il furent bâtis par un constructeur naval basé à Lyon, dans… le quartier de la Mouche ! Et pour promouvoir ses rutilants promène-touristes en 1950, Jean Bruel, à l’origine de l’activité, inventa un personnage : Jean-Sébastien Mouche, qu’il présenta comme le concepteur des Bateaux Mouches…

On ne peut pas tout à fait s’autoproclamer Bobo Parisien si l’on n’est pas allé déjeuner au Marché des Enfants Rouges. Ça va faire des déçus, mais on n’a rien sans rien.

Parce que se rendre au Marché des Enfants Rouges le premier jour de grand beau temps, quand tout le monde a la même idée que soi, ça demande un flegme rehaussé d’un poil de naïveté béate : En attendant de trouver une table qui se libère, il faut avoir de la ressource pour s’étonner et se réétonner (et se reréétonner) devant tous les stands.

A vrai dire, ce n’est pas trop dur… Et puis c’est plutôt sympa et bon enfant (ah ah) comme ambiance. On est quand même dans une place historique de Paris ! Le marché est le plus vieux de la capitale, il date de 1615. Au départ, il avait plutôt un air de ferme avec sa halle en bois, son puits et son étable, mais il a bien soulagé les habitants du quartier. Car au XVIe siècle, la ville s’arrête aux environs de la place de la République. La croissance démographique est forte, les maisons se mettent à pousser comme des champignons dans ce qui est aujourd’hui le Marais. Du coup, il faut un marché pour alimenter la population : c’est Louis XIII qui en prend l’initiative.

Aujourd’hui, point d’étable ni de puits, mais des marchands de légumes, de poisson, de photos anciennes, de fleurs, des bouchers… et beaucoup de petits restaurateurs de tous horizons : libanais, italien, marocain, afro-antillais et d’autres encore, sans compter l’Estaminet, le seul restau « en dur » du marché.

Ne vous arrêtez pas aux grilles que vous pouvez croisez dans ces lieux : en passant derrière et en fouillant un peu, vous trouverez un tout petit square avec quelques jeux d’enfants, et surtout un magnifique jardin associatif, tenu par des habitants du quartier. Loin du brouhaha du marché alors qu’ils sont pourtant à quelques mètres des premières tables, ces sacrés chanceux s’organisent des pique-nique entre collègues d’arrosoirs et accueillent volontiers le curieux qui désire jeter un œil à leurs magnifiques plantations.

Il y a un ou deux siècles, à la place du potager, il y avait une « vacherie » qu’on appelait aussi « Laiterie des Enfants Rouges » : les 12 vaches qui vivaient ici avaient la lourde tâche de procurer du lait à tout le quartier. Cette vacherie a existé jusqu’en 1914, avant d’être transformée bien des années plus tard en petit paradis pour Parisien en manque de verdure.

Y’a pas à dire, ils méritent vraiment le titre de « Bobos en chef ». Mes deux bacs à fleurs sur le rebord de la fenêtre m’ont fait pitié, d’un coup.

Et si le Marché des Enfants Rouges a fermé pendant 6 ans avant d’être rouvert en 2000, on peut dire que sa réhabilitation est plutôt réussie : bravo aux habitants du quartier qui ont milité pour ça…

Truc utile : Le marché se trouve très exactement au 39 rue de Bretagne ; il est ouvert du mardi au jeudi de 9h à 14h et de 16h à 20h, les vendredi et samedi de 9h à 20h, et le dimanche de 9h à 14h.

Supplément crânerie : Au départ, il s’appelait « Le Petit Marché du Marais », mais comme il grossit sous l’effet de la demande, le terme « petit » dégage fissa pour laisser place au « Marché du Marais du Temple ». C’est au XVIIIe siècle que les halles deviennent le « Marché des Enfants Rouges », en souvenir d’un orphelinat proche qui recueillait les enfants trouvés. Les gamins, pour qu’on les reconnaisse et en signe de charité chrétienne, portaient des habits rouges…

La Maison ronde, temple de la radio, ex-« Voix de la France » (dixit le président Pompidou au sujet de l’ORTF), est certainement l’une des rares raisons pour lesquelles il arrive au parisien de mettre un pied dans le 16e arrondissement.

Il faut dire, la maison nous gâte en concerts : plus de 200 évènements sont organisés chaque année, dont environ 150 sont gratuits. Dans le lot, beaucoup de musique classique, mais aussi du jazz et des nouveaux talents. Il n’existe aucun moyen de connaître l’agenda de tous les concerts organisés, que ce soit à travers une émission de radio ou par « les concerts de Radio France » (hors émission), et c’est vraiment dommage. Mais voilà une petite liste pour tenter de ne pas louper la soirée qui vous fera vibrer :

– La série Jazz sur le vif, une émission publique de France Musique, enregistrement deux samedis par mois à 17h30 ;

– D’une Rive à l’autre, autre émission publique de France Musique qui enregistre tous les jeudis à 12h30 depuis le Petit Palais. Des musiciens et artistes actuels expliquent, lors d’un petit concert, leur lien à certains grands compositeurs ;

– Les Concerts de Radio France, de la musique classique, certains sont payants, d’autres pas, mais au moins pour ceux-là il existe un agenda ;

– Les Black sessions du fabuleux Bernard Lenoir, sur France Inter (concerts rock à programmation aléatoire) ;

– Le Pont des Artistes d’Isabelle Dhordain, sur France Inter, fait se croiser des jeunes et moins jeunes artistes, pour de belles discussions entre eux et des sessions live. C’est enregistré tous les mercredis soir ;

Il en manque certainement d’autres, que j’ajouterais volontiers si vous me les indiquez !

Hey, what the f*ck ? Mais oui, c’était bien THE Gonzo, Gonzales, le roi du peignoir, celui qui débarque sur scène avec ses charentaises et un vieux pilou pilou ! C’était une spéciale de l’émission Hors Champs présentée par Laure Adler sur France Culture, un concert dont j’ai appris l’existence par hasard sur facebook.

Truc utile : Comme il est précisé à chaque fois, « entrée libre dans la limite des places disponibles », autrement dit, on vous demande de venir 1h30 avant le début de l’émission, d’attendre longuement debout (dehors, souvent) avant d’obtenir peut-être un ticket pour le concert tant espéré ! Be patient, c’est tout ce que je peux vous dire… Parfois, il est possible de s’inscrire à l’avance par mail ou par téléphone, mais vous devez quand même faire la queue ! Et en-dehors des concerts, quelques émissions sont présentées en public (comme l’incontournable Fou du Roi) : c’est exactement le même système. Pour le Fou du roi, un conseil… allez-y très, très tôt !

Supplément crânerie : Vous savez d’où il sort, ce logo Radio France ? Remontez à la première photo de ce post… trouvé ! c’est la forme de la Maison Ronde !

Un jour, quelqu’un inventera le filtre à charbon qui s’insère dans les narines. Et ce jour-là, je déciderai que cette personne sera mon dieu personnel. En attendant, il faut se munir de la seule chose existante : le courage, pour visiter les égouts de Paris.

Les égouts, ou comment la ville a grandit de manière anarchique, sans que jamais un système d’évacuation souterrain ne soit pensé avant la grande épidémie de peste et de choléra de 1832. A cette époque, il existait environ 50 km de conduits souterrains, même pas répertoriés. Aujourd’hui, il y en a plus de 2400 km.

Et quelle chance inouïe, grâce à ce musée, on peut marcher au-dessus des flots déversés par tous les immeubles se situant juste sur nos têtes ! Très vite, votre corps saura réagir : la respiration par le nez se bloque, pour laisser place à une respiration par la bouche qui s’avère tout aussi efficace, les odeurs nauséabondes en moins. Que voulez-vous, c’est le prix de la connaissance…

Imaginez la chance que l’on a quand on découvre, grâce aux petits panneaux explicatifs, que de nos jours l’eau de la Seine n’est plus puisée telle quelle pour être consommée. Au Moyen-âge, non seulement on y rejetait les excréments de toute la population, mais on la buvait. A la tienne !

C’est encore le préfet Haussmann qui a fait en sorte de changer la donne, pour faire de Paris une capitale moderne et salubre. Sous les nouvelles artères qu’il fait percer de toutes parts, il fait installer un réseau de collecteurs et en 1894, les immeubles sont contraints de se relier au tout-à-l’égout. Un terme qui signifie que plus une eau usée ne sera rejetée directement dans la Seine. D’ailleurs, toutes les eaux usées sont envoyées à Asnières, où elles sont ensuite dispersées dans des champs d’épandages (Asniérois, asniéroises, j’ai le regret de vous annoncer que… votre terre… si fertile… oui… vous avez compris). C’est finalement à partir de 1930 que les eaux sont traitées dans des usines d’épuration.

Et cette grosse boule ci-dessus, en devinerez-vous l’utilisation ? Je vous laisse inscrire vos supputations dans les commentaires… la réponse dans quelques jours !

Supplément crânerie : La grande majorité des rats de la capitale ont élu domicile dans les égouts. Et c’est Libération du 23 mars 2010 qui nous l’apprend, « la capitale compte 4 rongeurs par habitant dans les quartiers rupins, 8 à 10 dans les arrondissements où règnent davantage saleté et insalubrité. » Camarade parisien, choisis ton camp !

Construction : 1242-1248. Six ans, un véritable record pour l’époque ! Il faut dire, la commande était urgente : Saint Louis venait de racheter la Couronne d’épines à l’empereur byzantin, et il lui fallait un écrin digne de ce nom.

La Sainte Chapelle est un véritable joyau du gothique, sa construction a coûté trois fois moins cher que la fameuse Couronne d’épines…

En fait il y a deux chapelles en une. La « chapelle basse » était réservée au personnel de Saint Louis. Elle a subit une inondation, deux incendies, et a servi de dépôt de céréales pendant la Révolution.

La chapelle haute était réservée à la famille royale. Sa construction est un chef d’oeuvre, surtout pour l’époque : il n’y a presque pas de murs ! Ils ont été évidés au maximum et remplacés par des contreforts, afin de faire la part belle aux vitraux, qui tels une bande-dessinée, retracent l’histoire de la Bible. (Alors, la bédé, c’est pas un art ?!)

Et du coup, le résultat est éblouissant.

Au fond, la châsse où était précieusement gardée la couronne et d’autres reliques. Les vitraux situés au fond de la chapelle s’ouvraient sur la rue, et l’on exposait ces morceaux d’histoire biblique au bon peuple avant de les replacer soigneusement, loin des regards et des pillards. Peine perdue à la Révolution, la Sainte Chapelle, comme tous les édifices religieux, fut dépouillée de ses trésors. On remit tout de même la main sur la couronne, un fragment de croix et un clou (vous croyez qu’il reste de l’ADN de Jésus dessus ?), qui sont aujourd’hui gardés à quelques pas de là, à Notre Dame.

Supplément crânerie : A la fin du XIXe siècle, la Sainte Chapelle servait de bureau d’archives, des étagères étaient vissées sur les vitraux… alors forcément, lorsqu’elle fut réhabilitée, il fallut remplacer un bon paquet de pièces de verre !

Truc utile : Visitez la Sainte Chapelle un jour de grand soleil, c’est magique ! Et n’hésitez pas à suivre une visite guidée, le nombre d’anecdotes que contient cet édifice est égal à son âge ! Enfin, si vous comptez visiter aussi la Conciergerie, pensez au billet couplé pour que cela vous revienne moins cher.

Si vos origines campagnardes et l’air chargé de méthane vous manquent, courrez-y. Pour le non-professionnel, le Salon de l’agriculture s’apparente à un immense parc d’attractions pour adultes : concours de beauté pour vaches, cochons et autres moutons, des milliers de mètres carrés de stands exposant les meilleurs produits et vins français, et des régions qui cherchent à se vendre à tout prix, en organisant par exemple des jeux de l’oie où il faut récolter les indices pour gagner un cadeau. Le tout parsemé de dégustations gratuites, de cours sur la bière, le vin, la saucisse de Morteau etc.

On y admire les plus beaux spécimens français et étrangers, des vaches de plus de 1200 kg, des taureaux et des moutons couillus comme on n’aurait jamais cru (avec la laine jusque là, pour les moutons : on les tond ici aussi ?), et des éleveurs des plus attentionnés…

…qui étanchent la soif de leurs vaches au coca (si si, pour de vrai)…

…pendant que les copines se gaussent d’être exposées juste devant le stand Mc Donald’s, qui à défaut d’oser vendre des hamburgers au sein des producteurs et éleveurs français, arbore juste des pommes et des tomates-cerises pour vanter les qualités nutritionnelles de ses menus. Véridique, encore une fois.

Une humeur bon enfant chez les visiteurs comme chez les exploitants agricoles, qui masque bien au chaland le malaise de la profession… Qui d’entre-nous, aujourd’hui, accepterait de se lever à 5h tous les jours pour traire les vaches, n’avoir aucun week-end parce qu’une vache ça ne s’arrête pas de produire ou de manger le dimanche, et s’octroyer haut la main deux semaines de vacances à tout casser quand on trouve un collègue pour s’occuper du cheptel ? Et pour ça, gagner bien moins que le smic horaire (en faisant 15h par jour). Travailler plus pour quoi déjà ?

Supplément crânerie : Aïda, la vache dont on voit le museau humide en gros plan sur les affiches dans tout Paris, a été soigneusement préparée à sa venue en tant que « guest star » pour l’édition 2010. Son propriétaire l’a habituée au bruit pendant trois semaines, en la faisant vivre avec la radio à fond, bloquée sur les commentaires de foot ! Avec un nom pareil on se serait attendu à ce qu’elle écoute du Verdi, pourtant !

Renseignements : www.salonagriculture.com

(photos signées de l’illustre créateur de mille choses à Londres, Fabien Benoit)

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