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Un jour, quelqu’un inventera le filtre à charbon qui s’insère dans les narines. Et ce jour-là, je déciderai que cette personne sera mon dieu personnel. En attendant, il faut se munir de la seule chose existante : le courage, pour visiter les égouts de Paris.

Les égouts, ou comment la ville a grandit de manière anarchique, sans que jamais un système d’évacuation souterrain ne soit pensé avant la grande épidémie de peste et de choléra de 1832. A cette époque, il existait environ 50 km de conduits souterrains, même pas répertoriés. Aujourd’hui, il y en a plus de 2400 km.

Et quelle chance inouïe, grâce à ce musée, on peut marcher au-dessus des flots déversés par tous les immeubles se situant juste sur nos têtes ! Très vite, votre corps saura réagir : la respiration par le nez se bloque, pour laisser place à une respiration par la bouche qui s’avère tout aussi efficace, les odeurs nauséabondes en moins. Que voulez-vous, c’est le prix de la connaissance…

Imaginez la chance que l’on a quand on découvre, grâce aux petits panneaux explicatifs, que de nos jours l’eau de la Seine n’est plus puisée telle quelle pour être consommée. Au Moyen-âge, non seulement on y rejetait les excréments de toute la population, mais on la buvait. A la tienne !

C’est encore le préfet Haussmann qui a fait en sorte de changer la donne, pour faire de Paris une capitale moderne et salubre. Sous les nouvelles artères qu’il fait percer de toutes parts, il fait installer un réseau de collecteurs et en 1894, les immeubles sont contraints de se relier au tout-à-l’égout. Un terme qui signifie que plus une eau usée ne sera rejetée directement dans la Seine. D’ailleurs, toutes les eaux usées sont envoyées à Asnières, où elles sont ensuite dispersées dans des champs d’épandages (Asniérois, asniéroises, j’ai le regret de vous annoncer que… votre terre… si fertile… oui… vous avez compris). C’est finalement à partir de 1930 que les eaux sont traitées dans des usines d’épuration.

Et cette grosse boule ci-dessus, en devinerez-vous l’utilisation ? Je vous laisse inscrire vos supputations dans les commentaires… la réponse dans quelques jours !

Supplément crânerie : La grande majorité des rats de la capitale ont élu domicile dans les égouts. Et c’est Libération du 23 mars 2010 qui nous l’apprend, « la capitale compte 4 rongeurs par habitant dans les quartiers rupins, 8 à 10 dans les arrondissements où règnent davantage saleté et insalubrité. » Camarade parisien, choisis ton camp !

Construction : 1242-1248. Six ans, un véritable record pour l’époque ! Il faut dire, la commande était urgente : Saint Louis venait de racheter la Couronne d’épines à l’empereur byzantin, et il lui fallait un écrin digne de ce nom.

La Sainte Chapelle est un véritable joyau du gothique, sa construction a coûté trois fois moins cher que la fameuse Couronne d’épines…

En fait il y a deux chapelles en une. La « chapelle basse » était réservée au personnel de Saint Louis. Elle a subit une inondation, deux incendies, et a servi de dépôt de céréales pendant la Révolution.

La chapelle haute était réservée à la famille royale. Sa construction est un chef d’oeuvre, surtout pour l’époque : il n’y a presque pas de murs ! Ils ont été évidés au maximum et remplacés par des contreforts, afin de faire la part belle aux vitraux, qui tels une bande-dessinée, retracent l’histoire de la Bible. (Alors, la bédé, c’est pas un art ?!)

Et du coup, le résultat est éblouissant.

Au fond, la châsse où était précieusement gardée la couronne et d’autres reliques. Les vitraux situés au fond de la chapelle s’ouvraient sur la rue, et l’on exposait ces morceaux d’histoire biblique au bon peuple avant de les replacer soigneusement, loin des regards et des pillards. Peine perdue à la Révolution, la Sainte Chapelle, comme tous les édifices religieux, fut dépouillée de ses trésors. On remit tout de même la main sur la couronne, un fragment de croix et un clou (vous croyez qu’il reste de l’ADN de Jésus dessus ?), qui sont aujourd’hui gardés à quelques pas de là, à Notre Dame.

Supplément crânerie : A la fin du XIXe siècle, la Sainte Chapelle servait de bureau d’archives, des étagères étaient vissées sur les vitraux… alors forcément, lorsqu’elle fut réhabilitée, il fallut remplacer un bon paquet de pièces de verre !

Truc utile : Visitez la Sainte Chapelle un jour de grand soleil, c’est magique ! Et n’hésitez pas à suivre une visite guidée, le nombre d’anecdotes que contient cet édifice est égal à son âge ! Enfin, si vous comptez visiter aussi la Conciergerie, pensez au billet couplé pour que cela vous revienne moins cher.

Rodin. Le genre d’homme à commencer sa vie refoulé trois fois au concours d’entrée des beaux-arts, et à la terminer bardé de légions d’honneur et avec un musée à son nom. Dans Gala ou Voici, c’est ce qu’on appellerait « Une belle revanche sur la vie. »

Bon. Surtout un forçat du travail doublé d’un passionné, en fait.

Pourtant, il s’en est fallut de peu pour que notre homme finisse curé, ou moine. A 22 ans, la mort de sa soeur l’ébranle tellement qu’il commence un noviciat. Mais quand le père Eymard, qui lui commande un buste, voit ce dont il est capable, il le somme de reprendre le chemin de la sculpture. Ouf ! C’est alors que Rodin, Auguste de son prénom, se met à travailler comme un forcené. Il aime le réalisme, ne cherche pas à enjoliver la réalité, et à cause de cela ses œuvres recevront un accueil plutôt froid au début. On le soupçonne même de mouler ses modèles alors qu’il sculpte lui-même la forme de ses personnages !

Et puis il y a Camille Claudel. Un génie de la sculpture, qui apprendra tout de son maître et amant, voire… qui le dépassera. Une salle du musée est consacrée à son œuvre.

Ce petit musée situé à deux pas des Invalides est une bouffée d’oxygène : une promenade dans le jardin dévoile une partie des oeuvres de Rodin, et les pièces, dans l’hôtel Biron, offrent un beau panel de ce que l’artiste a réalisé durant sa vie.

Supplément crânerie : Cet hôtel, qui au début des années 1900 hébergeait des artistes, a vu passer Isadora Duncan (elle y donnait des cours de danse), mais aussi Matisse et Cocteau. Les artistes pouvaient s’y loger pour une somme modique, et Rodin découvre ce site verdoyant au coeur de Paris par l’intermédiaire de l’écrivain Rainer Maria Rilke. Mais en 1910, l’Etat décide de le vendre. Rodin se démène pour éviter la vente et obtenir la jouissance du lieu jusqu’à sa mort ! Il fera même mieux puisqu’en donnant ses oeuvres à l’Etat, il s’assure la création d’un musée Rodin (il participera d’ailleurs à la conception de son propre musée).

Truc utile : Des petits dépliants très instructifs et complets sont disponibles au niveau du vestiaire (pour ceux qui voudraient éviter de dépenser encore pour l’audioguide). Munissez-vous du plan et du dépliant intitulé « visite », et vous serez paré pour comprendre le parcours du Maître et de sa muse !

http://www.musee-rodin.fr/

Foin de la Joconde, de la Victoire de Samothrace et de tous ces Japonais qui les flashent ! Le Louvre, on peut le parcourir nez en l’air -pas de touristes sur les photos, et des œuvres qui content une autre histoire que celles exposées dans les vitrines ou sur les socles…

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Le Louvre, c’est un château dont l’édification a commencé sous Philippe Auguste en 1190 et s’est terminée… dans les années 1990. Peu ou prou, 800 ans pour en faire ce qu’il est aujourd’hui !

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Car avant de ressembler à une villégiature royale pour souverain en manque de reconnaissance, le Louvre, c’était un « bête » château fort à la sortie de la ville. Il était sensé protéger le bon peuple des attaques provenant du Nord. Tours, donjon, fortifications… rien n’y manquait, c’était un beau château carré.

Oui mais voilà : le bon peuple proliférant, il se mit à construire de nouvelles habitations tout autour du château, et même au-delà : la fonction protectrice du Louvre était mise à mal.

C’est François Ier au XVIe siècle, qui fait entrer ces murs dans la période « Renaissance » : il détruit le donjon au centre, agrandit les ouvertures, et transforme la forteresse en palais royal.

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A partir de cette date, le Louvre ne cessera d’être transformé, agrandi, étiré par tous les rois qui se succèdent, de sorte que la première version disparaît totalement.

Pour découvrir les fondations du premier château, entamez votre visite au niveau de l’aile Sully, direction « le Louvre médiéval ». Toutes les pièces du château sont dotées de petits panneaux informatifs sur l’histoire de ses murs. Et n’oubliez pas de lever les yeux… les plafonds sont ornées de superbes peintures ou de fresques commandées par les rois.

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De François Ier à Louis XIII, le Louvre prend ses proportions actuelles (l’aile côté rue de Rivoli sera elle terminée courant XIXe). C’est Louis XIV qui se lassera du joujou, et recommencera un nouveau château à Versailles. Jusqu’à la Révolution, le bâtiment est laissé tel quel.

Mais entre l’abandon des lieux par Louis XIV et la Révolution, ces milliers de m² habitables ne restent pas vides, pensez… le Louvre devient un immense squat ! oui oui, Académies de peinture, de sculpture, d’architecture, de politique, des sciences et j’en passe, investissent les lieux. C’est le dernier endroit à la mode pour les artistes branchouilles de ces siècles passés. Petit hic : à force de passage et de squattage, le château se détériore et de grands noms réclament sa réhabilitation. Finalement, le Louvre devient musée après 1789, et les collections nationales sont constituées grâce aux… saisies révolutionnaires.

Bon an mal an, les travaux reprennent et le plus gros est achevé courant XIXe.

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Lors de votre visite, ne manquez pas, tout près de la Joconde, ce magnifique plafond qui représente les quatre souverains ayant le plus soutenu les arts durant leur règne. C’est dans cette salle que se déroulaient les séances législatives à partir de 1859.

Vous pouvez aussi imaginer la vie du ministère des finances quand il était encore dans ces murs, jusque dans les années 1990 côté aile Richelieu (Balladur fut le dernier ministre des finances à officier depuis le Louvre).

Et bien sûr, observer de près l’objet de toutes les polémiques, la dernière modification apportée au Louvre par le dernier monarque républicain (et oui, paraît-il que maintenant on est plutôt retourné à l’ère napoléonienne), j’ai nommé M. Mitterrand (ou Mittran, comme disait l’autre) et ses pyramides.

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Supplément crânerie : Saviez-vous que François Mitterrand avait envisagé de placer le Penseur de Rodin sous la grande pyramide, initialement ? Un soir des années 80, en comité restreint (et on le comprend, puisqu’il était accompagné de Mme Pingeot et d’une certaine Mazarine), il fit déplacer la statue pour voir l’effet produit… dommage, le Penseur avait l’air perdu, et pas seulement dans ses pensées. Trop petit pour être placé au centre d’une si grande pyramide, le projet est abandonné !

Quoi de plus original que de faire sa gym au milieu du plus grand rond-point de France ?

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L’Arc de triomphe, pour un parisien, c’est le monument qu’on ignore par excellence. Et pourtant, il en raconte des choses ! Figurez-vous, d’abord, que chaque pied équivaut au poids de deux tours Eiffel. Et oui ma bonne dame ! Et si l’Arc pouvait parler, il aurait quelques tranches d’Histoire à nous raconter. Comme le passage des cendres de Napoléon Ier sous l’arche, l’enterrement du Soldat inconnu, le défilé de la victoire en 1944… et même le passage de quelques aviateurs entre ses jambes (les fous !)

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Mais revenons à nos moutons : nous sommes là pour pratiquer un peu de sport. Voilà ce qui vous attend : 284 marches pas piquées des vers, qu’il faudra s’il vous plaît gravir sans jamais s’arrêter. En haut, un banc vous attend pour récupérer !

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Après l’effort, passez aux activités proposées par le musée. La présentation a été entièrement revue il y a un an environ, et dans l’ensemble, c’est plutôt bien foutu. Vous pouvez déjà vous promener sur un planisphère pour découvrir les Arcs de triomphe du monde entier. Dans la salle de l’Attique au niveau supérieur, des écrans relatent l’histoire de l’Arc. Mais le plus ludique est certainement cet arc miniature dont on s’empare, et que l’on peut tourner à sa guise pour zoomer sur des sculptures du monument. En fonction de votre choix, l’écran dévoile l’histoire du détail que vous avez choisi.

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Enfin, allez respirer l’air de la place de l’Etoile sur le toit, et surtout admirer l’autre arche qui fait face au loin, dans le quartier de la Défense. Vous aurez peut-être même la chance d’essayer les nouvelles lunettes d’observation à « réalité augmentée » : en fonction de l’endroit où vous regardez, les jumelles indiquent automatiquement le nom des bâtiments et présentent même des images d’archives de diverses époques (elles n’étaient pas encore installées quand j’y suis allée, si quelqu’un les a testé je suis curieuse de connaître votre avis !)

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Et ni une ni deux, il faut redescendre les trente mille millions de marches pour rejoindre la terre ferme, puis aller faire un petit salut au Soldat inconnu. Et lever la tête, pour observer les détails du plafond.

Supplément crânerie : l’Arc de triomphe, ça a été inventé pour triompher, c’est évident pensez-vous ! Que nenni. L’Arc de triomphe, à l’époque des Romains, avait une toute autre fonction. Lorsque les troupes rentraient des campagnes militaires, elles devaient déposer toutes leurs armes au pied de l’édifice, puis passer sous l’Arc. C’était une manière d’abandonner le costume de guerrier pour redevenir un simple citoyen. Très vite, cette signification fut oubliée et les Arcs furent érigés pour glorifier les victoires.

Truc utile (quoique cela peut aussi vous servir pour crâner) : Vous voulez éblouir votre entourage ? Attendez le 7 février, le 10 mai, le 1er août ou le 4 novembre (environ, hein) et placez-vous dans l’axe de l’Arc de triomphe. Les 10 mai et 1er août, en étant du côté des Champs-Elysées, vous pourrez admirer un coucher de soleil pile entre les pieds de l’Arc ! Les 7 février et 4 novembre, avis aux lève-tôt : en se plaçant du côté de la porte Maillot, vous assisterez au lever dans l’axe de l’Arc. Attention, le spectacle ne dure que quelques minutes, soyez à l’heure !

http://arc-de-triomphe.monuments-nationaux.fr/

…quoique ce ne soit pas bien joli joli, de vassaliser !

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Aaaah, Versailles, les frasques du passé, la vie de château, les courtisans et… aujourd’hui, les touristes. Alors oui, le château est magnifique. L’intérieur éblouissant. Pour autant que vous puissiez en voir quelque chose !  Choisissez bien votre jour de visite, oubliez les jours fériés ou les week-ends ensoleillés. Sans cela… difficile de s’approcher du lit de son altesse royale ou simplement de lire les panneaux d’explications !

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Vous pouvez tout de même admirer les plafonds, c’est vrai…

Enfin ne renions pas l’intérêt du château : il est chargé d’une histoire passée et récente, après tout c’est ici que notre cher président de la République Française a discouru pour la première fois depuis 1875 devant le parlement, l’été dernier !

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En ressortant du château par l’arrière, vous déboucherez sur le modeste jardin. Modeste si l’on compare à sa taille originelle : il était dix fois plus grand quand Louis XIV s’installa dans ces murs !

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A l’époque, le parc était ouvert au public qui pouvait déambuler à souhait entre les bosquets. Évidemment, quand le roi sortait pour sa promenade, la vermine était chassée. Ce petit peuple ayant d’ailleurs trop dégradé les nombreuses statues du parc, il fut décidé de le refermer. Aujourd’hui, pour les mêmes raisons… il est question de faire payer l’accès au parc. Alors arrêtez de taguer, bande de malotrus !

Déambulez plutôt tranquillement entre les bosquets pour découvrir où notre bon roi organisait ses bals d’extérieur, où il écoutait des petits concertos en plein air et même, un peu plus loin, où Marie-Antoinette logeait.

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Supplément crânerie : L’illustre architecte Le Nôtre est à l’origine du tracé de ce parc. Mais il n’est pas le seul ! Parmi les autres contributeurs, on trouve… les frères Perrault, dont Charles, l’auteur des contes. Les concepteurs imaginèrent une sorte de féérie aquatique que vous pouvez admirer les jours de « Grandes Eaux », où toutes les fontaines du parc sont en action. Le problème, c’est qu’il fallait assez d’eau pour la faire jaillir de toutes parts et provoquer l’éblouissement de ceux qui s’y promènent… Des réservoirs de plus en plus vastes furent construits, on amena l’eau de la Seine, puis on finit par imaginer la construction de canaux depuis la côte Picarde. Ces travaux ne furent jamais terminé… Alors pour économiser l’eau, les fontainiers sifflaient pour prévenir leurs collègues de l’arrivée de Louis XIV, afin qu’il activent les fontaines sur son passage !

Trucs utiles : Pour ce qui est de la foule au niveau du château, vous avez compris… Et pour le parc, sachez que les bosquets ne sont ouverts que les jours de Grandes Eaux. Mais vous pouvez tout de même les admirer les autres jours. Pour savoir si vous tombez un jour gratuit ou payant (ce qui pour l’instant n’est le cas que pour les jours de Grandes Eaux), consultez le calendrier sur le site www.chateauversailles.fr

Autour, ça grouille de touristes. Et oui, le Sacré Cœur n’est pas loin… pourtant, ils sont peu nombreux à venir jeter un œil dans cette grande halle.

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C’est pourtant tellement mieux de venir boire un café dans ce grand bâtiment fin XIXe que dans les attrape-touristes du coin ! Ancien marché, puis paraît-il, école, il se cache ici quelques trésors.

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Vous vous sentez l’âme d’un outsider ou d’un grand naïf ? Plongez dans l’antre ! Au rez-de-chaussée de la halle se trouve le seul musée d’art naïf de Paris : y sont exposés les artistes contemporains du genre « inclassables » ; art populaire contemporain, art naïf, art brut ou art outsider, on y trouve par exemple en ce moment deux expos temporaires très différentes, l’une de Marie Morel et l’autre de Chomo (qui fait pousser un grand AH de stupéfaction, tellement ses oeuvres dégagent une émotion !)

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Alors il y a la partie musée et les expositions temporaires. Mais pas que. Au rez-de-chaussée, une librairie propose des livres d’art pour tous les âges, et des cartes postales fantaisie amusantes.

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Et puis il y a le café et ses petites pâtisseries d’un genre… alléchant. Et si vous scrutez bien, vous trouverez même quelque habitué atypique en salopette de travail et en pataugas avec le verre de vin rouge à la main !

Supplément crânerie : ok, le commun des mortels se rend à « la Halle Saint Pierre ». Vous voulez crâner ? Dites « je vais au musée Max Fourny », ça marche bien mieux pour soulever les questions ! Vous pourrez alors relater l’histoire du musée par le menu : Max Fourny est le nom du propriétaire de la collection, collection qu’il a réuni d’une manière originale. Collectionneur et éditeur de livres d’art, il demandait aux artistes qu’il exposait de lui laisser une œuvre, en échange de quoi il leur offrait 5 livres. Il s’engageait, bien sûr, à ne pas les vendre. Aujourd’hui, le fond du musée de la Halle est constitué de plus de 600 pièces représentatives de l’art naïf des années 70. Ah oui, pas d’impair, Max Fourny n’est plus. C’est sa femme Françoise Adnet, peintre, qui a concrétisé le rêve de son mari en donnant ces œuvres à la Halle qui existe depuis près de 25 ans.

http://www.hallesaintpierre.org/

Le voilà, tout frais dans les rayons des libraires ! Si vous avez généralement les genoux qui flanchent dans les musées et le dos chouineur à force de piétiner d’oeuvre en oeuvre, ceci devrait vous aider…

Ces jeux de piste, c’est un moyen de parcourir les musées en sachant quoi regarder, et en ayant tout le long quelques anecdotes historiques qui valent bien les « suppléments crânerie » de ce blog…

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Arc de Triomphe, Champ-de-Mars et Trocadéro, Musée d’Orsay, Conciergerie, Sainte-Chapelle, Louvre, Muséum d’Histoire naturelle, Centre Pompidou, Notre-Dame de Paris, l’opéra Garnier, le musée du quai Branly, les Invalides, Montmartre, le Père-Lachaise et les jardins du château de Versailles… je crois que je n’ai rien oublié ! Sur les 15 parcours, 5 sont des balades à l’extérieur.

Et vous pouvez encore essayer de gagner l’un des 70 exemplaires offerts par Hachette et le site des Journées du Patrimoine en participant au concours !

La galerie d’anatomie comparée du Museum d’Histoire Naturelle, c’est l’occasion de réviser ses cours de bio.

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De confirmer que oui, les mammifères ont bien tous 7 vertèbres dans le cou, sauf deux (les paresseux et les lamantins. Ça vous évitera de compter).

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De comparer les estomacs d’herbivores et de carnivores, les valvules, les poumons ou les cerveaux d’animaux et… d’humains. Et de voir le chat cyclope ou le cochon à deux têtes, à moins que ce ne soit le contraire. Oui, il y a un petit côté musée des horreurs qui satisfait plutôt bien notre côté « beeeurk, regad’ c’que j’vois là ! »

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Et à l’étage, de frissonner en observant les immenses dinosaures. Et découvrir qu’une partie des soi-disant « ancêtres des lézards » sont plutôt les arrières-grands-parents de la poule. Et d’imaginer un dino emplumé qui picore en faisant « cot cot ». Ça casse un mythe !

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Et oui : donc, les poules ont eu des DENTS.

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Et en redescendant, ne manquez pas le superbe arbre des évolutions qui explique la théorie de Charles Darwin.

Il vous faut vraiment un supplément crânerie en plus ? Parce qu’il y a déjà de quoi faire là, non ?

Truc utile : Oubliez les après-midi du mercredi et du week-end pour visiter le musée tranquillement. La file d’attente a tendance à s’allonger un peu trop dans ces créneaux…

Les infos pratiques ici.

(et oui, on ne peut que… crâner, ici-bas !)

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Il était une fois un cimetière dit « des Innocents » situé au coeur de Paris : au niveau des Halles actuelles. Pendant près de 10 siècles, les dépouilles de parisiens s’y accumulèrent, jusqu’au fatidique jour où ce cimetière devint une telle source d’infections pour les habitants qu’il fallut l’évacuer.

Mais alors, où placer tous ces ossements ?

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Pardi mais c’est bien sûr ! Dans les anciennes carrières de calcaire !

Car le Paris souterrain est un véritable gruyère. Voyez un peu : plus de 300 km de galeries furent creusées pour récupérer calcaire et gypse, et cela sur trois niveaux. Ajoutez à cela les égouts et le métro… Mais à l’époque, en 1786, seules les carrières existaient et un problème commençait à se poser : à force de creuser, certaines parties fragilisées provoquaient l’effondrement du sol à la surface. Ces carrières furent donc consolidées. Et comme la nature a horreur du vide, les longs tunnels sous la capitale furent très vite convertis en ossuaire municipal.

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Durant près de deux ans, tous les soirs à la tombée de la nuit, une procession de prêtres accompagna les ossements rapportés depuis le cimetière en chantant l’office des morts. Drôle d’ambiance dans Paris… Petit à petit, 6 millions de parisiens se retrouvèrent rangés proprement dans les catacombes : tous les cimetières furent débarrassés de leurs vieux crânes.

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Louis-Etienne-François Héricart de Thury, inspecteur général des carrières en charge du projet d’aménagement des catacombes, avait le goût de la mise en scène. Aussi décida-t-il d’agencer savamment tibias et crânes le long des galeries, en accompagnant le macabre parcours de 80 citations.

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La visite, 20 mètres sous la surface, commence par un long parcours d’environ 1km dans un tunnel avant de côtoyer nos ancêtres sur près d’un autre kilomètre. Sensations garanties… quoiqu’on finisse par s’habituer à la « déco » sur la longueur !

Supplément crânerie : Ceci est la visite officielle. Mais des petits malins, appelés « cataphiles », préfèrent les visites non autorisées. Depuis des puits d’accès sur la voie publique, des souterrains partant au niveau des caves ou du réseau de transport, ces drôles de personnes parcourent un « monde parallèle ». La folie des expéditions souterraines a démarré dans les années 1960, et figurez-vous qu’il existe même, depuis les années 80, une brigade sportive de la police nationale chargée de patrouiller dans les boyaux ! Et même qu’ils distribuent des amendes de 38€ s’ils vous y croisent (si ce n’est une comparution en correctionnelle)… Toutes les informations sur ces groupes sont facilement accessibles en tapant « catacombes paris » dans un moteur de recherche.

Trucs utiles : Les catacombes sont prises d’assaut en période touristique. Evitez le dimanche et les jours fériés car il faut attendre l’évacuation des visiteurs pour entrer, puisque les catacombes n’accueillent jamais plus de 200 personnes à la fois. Ah, et prévoyez la petite laine, il fait 14° ici-bas ! Pour terminer, inutile de rapporter un crâne comme souvenir de la visite : à la sortie, un garde fait ouvrir tous les sacs à dos pour vérifier leur contenu. Vu le nombre d’os et de crânes « du jour » déposés à côté de lui, nombreux sont les fans du style gothique !

http://www.catacombes-de-paris.fr/

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