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C’est un peu la Tate Modern du Parisien. Oui, facile. Mais il n’empêche, tout y est (sauf la gratuité) : des expos qu’on ne comprend pas toujours, du temporaire, beaucoup de temporaire, des ateliers, une boutique d’objets design, une librairie avec des cartes postales un peu folles, et un café sur le toit pour admirer le panorama de la capitale.

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En revanche, ici, point de mur « en dur ». Loin des centaines de milliers de petites briques empilées à la Tate Modern, l’édifice se résume à une structure sans murs (ou presque). Qu’on aime ou pas le résultat final, le travail des architectes reste intéressant à découvrir. Et puis, voilà encore une bonne occasion de crâner auprès des copains !

Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini ont eu l’idée d’extraire toutes les canalisations du bâtiment. Comme on retourne d’un coup son gant de toilette, ils ont retourné l’édifice. Toutes les canalisations, conduites électriques et autres bouches d’aération se sont retrouvées projetées à l’extérieur ! D’ailleurs, quatre couleurs ornent le bâtiment (rouge, vert, jaune et bleu). Une fonction est attribuée à chaque couleur, mais pour cette partie-là, on vous laisse deviner !

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Dommage que l’accès au dernier étage ne soit plus gratuit. La vue sur les toits de Paris est plutôt séduisante, avec vue sur la Tour Eiffel et le Sacré Coeur. Alors si vous êtes dans un jour de bouderie d’expo, faites plutôt un tour sur la place où se trouve la très colorée fontaine Stravinsky…

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Tiens, au passage, notez que cette fontaine est l’oeuvre de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely : ils ont rendu hommage au compositeur Igor Stravinsky en représentant par ces sculptures colorées les compositions du musicien (et s’il a intitulé l’un de ses chants « Les champignons vont à la guerre », aucune trace d’une oeuvre répondant au doux nom de « chapeau ». Si un lecteur sait à quelle composition cette sculpture se réfère… je l’ajouterai à la panoplie du crâneur !)

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…et prenez du bon temps sur l’esplanade, où quelques jongleurs, musiciens ou cracheurs de feu défilent pour offrir un petit spectacle !

Supplément crânerie : Et avant le Centre Pompidou, il y avait quoi ici ? Oui, parce que le centre ne date que des années 1970 ! Eh bien c’était un quartier nommé Beau-bourg au Moyen-âge. Après avoir abrité la demeure de seigneurs, il devint un endroit malfamé où les pauvres gens s’entassaient dans des logements insalubres. Le quartier est tellement dégradé qu’il sera rasé en 1930. En lieu et place de l’actuel Centre Pompidou, un terrain plat servait de parking au marché de gros des Halles. Quand le marché des Halles fut transféré à Rungis, ce parking géant n’eut plus lieu d’être : le président Georges Pompidou décida alors d’implanter un musée d’Art moderne. Fascinant, non ?

Tout n’est pas rose au Palais de Tokyo. Ni rouge, ni bleu, ni ce que tu veux.

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Il y a du « destroy travaillé » à l’intérieur, c’est chic, c’est tendance, c’est in. Mais ne vous laissez pas abuser : toutes les expositions ne sont pas bonnes à voir. Tenez par exemple en ce moment, l’expo Spy Numbers : laissez tomber. C’est 4€50 l’entrée, mais c’est déjà trop, ça sent l’expo-d’été-pour-faire-rentrer-l’argent-pendant-les-travaux à plein nez. L’arnaque absolue, quoi. En revanche, il paraît que l’expo Cartier Bresson n’est pas mal du tout. Oui, parce qu’une aile abrite la création contemporaine, et l’autre l’art moderne de la Ville de Paris.

Si l’intérieur est « destroy travaillé », l’extérieur est « destroy juste crade ». On ne le voit pas sur la photo, mais le sol est jonché de détritus sur le parvis, ça sent l’urine et il semble même que nos pieds aient foulé des régurgitations avinées dans les escaliers. Beau de loin, etc.

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Mais mais ! Car il y a deux mais. Le site a un intérêt pour deux choses. Vous voyez cette case de verre tout là-haut là-haut ? C’est le Nomiya Restaurant. Depuis le 1er juillet dernier, cette petite chose de 72m² accueille 12 convives au déjeuner et à l’heure du dîner. Autant dire que ça se bouscule au portillon : il reste 8 places les 15 et 17 septembre prochains, vous pouvez vérifier là ! Dans cet éphémère restaurant de poche, on déguste des plats paraît-il gastronomiques (à 60-90€ le repas, je veux mon neveu !) tout en ayant une vue à 360° sur Paris. Cool enough, huh ?

Pour les terre à terre qui prétendraient préférer biner le sol et cultiver eux-même ce qu’ils dîneront ce soir plutôt que de glisser leurs pieds sous la table à 40 mètres du sol, le Palais de Tokyo leur réserve un espace :

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Le Jardin Sauvage et le Jardin aux habitants, coincés contre l’édifice en contrebas de l’escalier situé rue de la Manutention. Petit coin de verdure rafraîchissant où, aussi surprenant que cela puisse paraître, des palmiers ont pris racine.

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17 habitants du quartier cultivent leur lopin de terre ; tomates, fraises, salades poussent ici. Une poule était apparemment aussi l’une des attractions du jardin, mais un malfaiteur semble s’en être emparé. Gosh !

Supplément crânerie : Le palais de Tokyo, le Palais de Chaillot et la Tour Eiffel sont les trois monuments rescapés des expositions universelles. Tous les autres furent détruits peu de temps après l’exposition pour laquelle ils avaient été bâtis. Et pourquoi le Palais de Tokyo se nomme-t’il ainsi, renchérissez-vous ? Eh bien parce que l’avenue de New-York, qui longe le palais et la Seine, s’appelait « avenue de Tokio » jusqu’en 1945, c’est bien ça, avec un i !

http://www.palaisdetokyo.com/

Voici l’endroit idéal pour tout crâneur qui se respecte : l’Opéra Garnier regorge d’anecdotes historiques grâce auxquelles vous pourrez faire montre de votre abyssale culture (attention à ne pas franchir la frontière ténue qui vous plongerait dans l’abyssale c*nnerie, toutefois. Un accident est si vite arrivé !)

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Voici un parcours type : en sortant du métro, faites remarquer d’un air désabusé que franchement, le préfet Haussmann aurait pu allouer un espace un peu plus grand à cet opéra. C’est vrai quoi, ce pauvre Charles Garnier d’architecte a du se débrouiller pour placer son édifice dans un minuscule losange coincé entre des avenues ! Enfin heureusement, il a réussi à empêcher la plantation d’arbres sur la place, qui auraient caché la façade.

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La façade, d’ailleurs : voyez ce groupe de femmes qui font la ronde autour d’un homme. C’est la Danse de Jean-Baptiste Carpeaux. Un scandale à l’époque ! Quelle lascivité chez ces femmes, cet épanouissement affiché était intolérable à certains : une main anonyme y jeta de l’encre à peine quelques jours après la pose de la statue. Du coup, abîmée, c’est une copie que vous voyez là. Réalisée par Paul Belmondo, ben oui, le père de l’acteur, c’te question !

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Les dorures et les parquets du grand foyer et des salons sera l’occasion de revenir sur ce délicieux roman de Gaston Leroux : le fantôme de l’Opéra. Tout de suite, détruisez le mythe : en guise de lac sous le bâtiment, il s’agit d’une cuve qui permit d’assainir le sol lors des travaux de construction. Et quid des corps retrouvés près de l’eau ? Non, ce ne sont pas des victimes du fantôme, mais des victimes des évènements de la Commune en 1871. Ah lala, vous êtes dur… Adoucissez vos propos avec cette touche de fantaisie : saviez-vous que des carpes vivent dans la cuve ? le personnel se charge de les nourrir !

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Et puis la salle de spectacle. Son lustre, ses fauteuils, et ses danseuses.

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Vous avez déjà entendu l’expression « s’offrir une danseuse » ? Elle était bel et bien mise en application dans ces murs… Bourgeois et « gentilshommes » passaient dans les coulisses où une pièce attenante à la salle de répétition les laissait observer sans être vus. Ils pouvaient ainsi faire leur marché en toute quiétude. Autrement dit, « financer » une danseuse contre de menus services que la morale réprouve. Et oui, une danseuse, ça gagnait mal sa vie : il fallait compenser…

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Supplément crânerie (comme si ça ne suffisait pas) : En plus des carpes du sous-sol, l’opéra héberge des abeilles sur son toit ! Elevées par un accessoiriste, elles se nourrissent dans les parcs alentours (Palais Royal, la Villette, Boulogne…). Le « miel de l’opéra » est en vente à la boutique dans le hall d’entrée, et chez Fauchon. Pour en savoir plus, un chouette reportage ici.

Truc utile : Si vous n’assistez pas à une représentation, choisissez de visiter l’opéra Garnier le matin. L’après-midi, la salle de spectacle est souvent fermée pour les répétitions.

http://www.operadeparis.fr/

…ou alors, se prendre pour un roi de France

…ou pour un prisonnier

…ou même plus précisément, pour Marie-Antoinette, ou Danton, ou Charlotte Corday, ou Robespierre.

L’édifice a été le théâtre de tant d’évènements historiques que vous avez l’embarras du choix !

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Déjà en leur temps, Vercingétorix et Jules César avaient choisi l’île de la Cité pour se mettre sur le nez. Rien de plus normal qu’on y trouve, quelques poignées d’années plus tard, la première demeure des rois de France, le premier palais de justice où sera rédigé le premier code civil, et la Sainte Chapelle.

Avant de pénétrer dans l’ancienne demeure royale, ne manquez pas la tour de l’horloge (la première à gauche, carrée) : vous y verrez la toute première horloge publique du pays, installée en 1370.

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A l’intérieur, les époques s’entrechoqueront : la salle des gens d’Armes (le plus grand réfectoire jamais vu, les 3000 gardes et fonctionnaires prenaient leurs repas sous ces voûtes)…

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…transformée en cachot après le départ de Charles V, alimentait en prisonniers le palais de justice situé juste au-dessus.

Un intendant, appelé Concierge, s’occupait d’assurer l’ordre et de gérer les lieux, les entrées et les sorties de prisonniers notamment.

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C’est donc « tout naturellement » que les geôles les plus insalubres du royaume furent utilisées pour écrouer les opposants lors de la Révolution Française. Rares sont ceux qui ressortirent de ces murs autrement que pour être guillotiné… Plus de 2800 têtes tombèrent !

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La plus célèbre prisonnière fut sans nul doute Marie-Antoinette, isolée des autres détenus et surveillée nuit et jour par deux gardes.

Supplément crânerie : A l’époque où la Conciergerie était un palais royal, une passerelle de bois enjambait la Seine. Elle servait uniquement au souverain et aux magistrats. Celle-ci fut détruite lorsque l’édifice devint une prison. Et à l’étage supérieur, là où se trouve l’actuelle salle des pas perdus du Palais de justice, il y avait auparavant la Grande Salle haute où le roi présidait les cours plénières. Accessoirement, il y organisait quelques banquets. La palme du plus long banquet revient à Philippe le Bel en 1313 : avec son gendre Edouard II d’Angleterre, ils restèrent attablés huit jours !!!

Truc utile : Des visites guidées d’une heure environ ont lieu tous les jours à 11h et à 15h. Si tous les intervenants ne se valent pas, cela reste le meilleur moyen de découvrir la riche histoire de la Conciergerie !

http://conciergerie.monuments-nationaux.fr/

Il était une fois de riches habitants qui ne voulaient pour rien au monde voir une gare dégrader leur quartier. Aussi, on leur promit de construire un chouette édifice qui n’accueillerait que des trains électriques, donc propres (pas question que la fumée des locomotives noircisse les façades !)

Voilà comment la gare d’Orsay est née en 1900, après avoir été construite en 2 ans à peine. Cette gare chic dans un quartier chic permettait à la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans d’arriver en plein cœur de Paris plutôt qu’à Austerlitz (trop loin !).

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La gare d’Orsay a battu des records de non-longévité : 45 ans après son inauguration, elle stoppe son activité. Les quais sont devenus trop courts par rapport à l’évolution des rames de train. Avant d’être désaffectée, elle rend un dernier service à la nation : les prisonniers de guerre et déportés de retour d’Allemagne, en 1945, débarquent ici.

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Voilà pourquoi la grande verrière, l’horloge (qui n’a pas bougé depuis 1900) et cette hauteur impressionnante.

Désaffectée, la gare sera utilisée pour quelques tournages. De Gaulle, président, envisage de la raser et de la remplacer par un hôtel en verre dans les années 1960. Et puis finalement, non, le bâtiment est sauvé de la destruction.

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C’est Valéry Giscard d’Estaing qui en fera un musée dédié aux arts tel qu’ils s’exprimèrent entre 1848 et 1914 (on est précis ou on ne l’est pas !)

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Le temps des travaux d’aménagement, c’est le président suivant, François Mitterrand, qui inaugurera ce nouveau musée en 1986.

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Sculptures, dessins, toiles… Vous croiserez ici du Rodin, Camille Claudel, Gauguin, Matisse, Toulouse Lautrec ou Van Gogh parmi tant d’autres.

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Mais attention ! Le 5ème étage, où se trouve la collection des toiles impressionnistes, sera fermé au public à partir de cet automne jusque fin 2010, pour la réalisation de travaux importants. En attendant, les toiles seront dispatchées ailleurs dans Orsay ou prêtées à d’autres musées.

Alors grouillez-vous, nondedjiou !

Supplément crânerie : La gare Grand Central de New-York est une copie, à peu de choses près, de cette gare. Et puis et puis… les œuvres exposées ici ont été créées entre 1848 et 1914. Eh bien le numéro du standard d’Orsay se termine par… 48 14 ! (avec ça, vous allez pouvoir grave crâner !)

Même de dos, vous la reconnaissez ?

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Un indice :

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Ahah ! Fastoche, pour le 1er numéro ! Voici l’illustre cathédrale de Notre Dame de Paris, celle qui manqua de disparaître à plusieurs reprises avant que Victor Hugo ne la sauve en lui dédiant un roman. Mais nous ne sommes pas là pour en faire son apologie. Il s’agit de vous montrer la différence entre les gargouilles et les chimères, ces deux catégories d’êtres qui cohabitent sur les hauteurs du monument.

D’abord, les chimères :

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Autant être clair tout de suite. La différence majeure entre une chimère et une gargouille, c’est que la première ne sert à rien, alors que la seconde est vraiment utile au bon fonctionnement du bâtiment.

La chimère, elle date de la reconstruction menée par l’architecte Viollet-le-Duc dans les années 1850. Avant, point de chimère sur Notre Dame : les bestioles sont nées de la volonté de ce rebâtisseur qui a pris quelques libertés lors de la rénovation. Bien lui en prit puisque ces petits monstres qui semblent s’amuser de la pagaille parisienne (voire de la grisaille) en devinrent très rapidement des symboles. Donc si on résume, la chimère est l’élément marketing de Notre Dame et même, de la capitale (comme la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe ou les p’tites femmes de Pigalle).

Ensuite, les gargouilles :

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Ce sont ces bêtes à grand cou qui dépassent sur les contours de Notre Dame. Elles sont un peu plus nombreuses que les chimères. Et elles, elles ont un métier ! En effet, il leur incombe de collecter l’eau de pluie et de l’envoyer le plus loin possible de la façade, de manière à ce que la pierre ne soit pas abîmée. En gros, les jours de pluie, Notre Dame douche gratis !

Supplément Crânerie : et pourquoi « Gargouille » ? le nom évoque le glouglou de l’eau qui sort par la bouche de ces gouttières. On dit que ces animaux fantastiques éloignaient les démons des églises. La légende vient certainement du bruit de l’eau qui tombe en trombes ou du vent sifflant dans le conduit !

Les trucs utiles : On peut admirer gargouilles et chimères de près, en montant dans les tours. On peut. Ne vous sentez surtout pas obligé ! Car voici le chemin qui vous attend : moyennant une extorsion de 8€ après une attente estimée à environ 1h-1h30, on vous parque dans la boutique de la tour le temps qu’une trentaine de visiteurs ait payé son entrée. Ensuite, vous gravirez à la queue-leu-leu quelques dizaines de marches (au rythme du plus lent), puis vous atteindrez le sommet. Vous pourrez accéder au Bourdon (une grosse cloche dans la tour Sud) en refaisant la queue. Enfin, une dernière floppée de marches vous permettra d’accéder au plus haut point de la cathédrale, le sommet de la tour Sud. Mais là, un gardien réclamera de vous une certaine célérité parce qu’il n’y a pas que vous, quoi, égoiste ! Et vous voilà reparti pour une descente -retour à la case départ, 20 min montre en main. Et puis, à tous les coups il fera gris au sommet et vos photos seront moins jolies que les cartes postales vendues chez les bouquinistes !

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